Après avoir promis à Tenma que j'arriverai à convaincre Raimon de se révolter contre le cinquième secteur, je suis partie en courant avec un but bien précis : d'abord, trouver la maison du capitaine. Ou plutôt, son manoir. D'après l'animé, on l'a vu plusieurs fois, et c'est une immense demeure entourée d'un portail. Je ne sais pas exactement où il se trouve, mais il devrait bien se voir, j'y arriverai surement en fouillant un peu. Je fis une pause un instant et arrêtai de courir. J'étais déjà assez loin, on ne voyait plus le terrain. Tenma n'avait pas essayé de me rattraper. Je passai ma main à l'intérieur de ma poche afin de prendre mon portable. Je regardai l'heure : 8h21. Fiouuu, il est tôt ! On doit sûrement être samedi ou dimanche, vu que Tenma n'était pas en cours. Je me demande si Shindou est levé. Sans doute, il a pas l'air de faire de grasses matinées. Mais qu'est ce que je raconte moi... je parle comme si je le connaissais... Alors que bon, c'est juste un personnage d'animé. Du moins, c'était... enfin, j'y peux rien moi. Bref, fini de blablater. Je me remis à courir. En même temps, je regardai les noms inscrits sur les boîtes aux lettres, on sait jamais. Cela faisait maintenant une demi-heure que j'errais dans cette cité sans trouver ce que je recherchais. Putain, elle est où sa baraque à la con ! J'en ai marre de marcher, j'suis crevée et j'sais même pas où j'vais ! En plus, j'ai même pas changé de fringues, ça pue, j'aime pas ça ! Et puis, j'ai pas de fric et j'ai toujours faim... ça m'saoule ! Pfeuh, heureusement qu'il fait beau, manquerait plus qu'il pleuve ! Bon... ben j'vais continuer à marcher, alors... dans cette rue, tiens. Ah ! Elle débouche sur une route, cool. Je marchai paisiblement sans trop faire attention à quoi que ce soit, et c'est là que... wouaaaah ! J'l'ai trouvée ! Elle est exactement comme dans l'animé ! Je suis certaine que c'est ici. Je m'approchai doucement. Sur la boîte aux lettres, il était clairement écrit en italique : famille Shindou. Rien qu'avec la manière dont était écrite cette inscription, joliment gravée en dorée, on devinait qu'il vivait dans un milieu plus noble qu'autre chose. Mais trève de bavardage, je dois rentrer. Je poussai le portail : il ne s'ouvre pas. Normal, il doit être fermé. J'observai un peu plus, et vit une sorte de bouton, placé sur le côté. Ce doit être un système d'ouverture des portes ou un truc comme ça. J'appuyai dessus. Il ne se passait rien. Une arnaque ?? Non... la porte de sa maison s'ouvrit. Une femme en sortit. La femme de ménage, peut être. Elle traversa entièrement la cour qu'il y avait entre chez lui et le portail, puis s'arrêta devant moi. Elle me regarda attentivement puis finit par dire :
«Vous êtes ?
- Je...je suis Kuroe Tagouy, je suis venue pour voir Ta... euh, Shindou-san...
- Entrez. »
D'un geste de la main, elle inséra une clé à l'endroit prévu à cet effet, qui ouvrit le portail. Puis, elle retourna en direction de la maison. Vu que je ne savais pas où aller, je la suivis. Elle ouvrit la porte, puis entra. Je fit de même. Elle monta des escaliers situés à quelques mètres de la porte d'entrée. Même de l'intérieur, cette maison est grande... sans elle, je me serai perdue. Après avoir monté de looooongs escaliers, on arriva devant une autre porte. Elle frappa, puis dit :
«Monsieur, vous avez la visite de Mlle Tagouy. »
Une voix, plus grave, lui répondit :
« Faites-là entrer. »
Elle ouvrit la porte, puis la referma derrière moi. Si je m'attendais à ça... à présent, me voilà seule, dans la même pièce que lui. Je n'osais pas parler. J'avais la tête baissée. J'étais sans doute rouge de honte... mes bras se tenaient le long de mon corps, tout aussi immobiles. Cet endroit, ce devait être sa chambre. Je reconnaissais cette salle... Shindou était assis derrière son piano. A côté, il se trouvait des fauteuils, des tables, ce genre de choses. Il leva la tête, et me dévisagea avec un regard qui m'a fait froid dans le dos.
«... Toi ?... Que fais-tu ici ? me dit-il simplement. » Il m'a reconnu, semble t-il. Mais finalement, que vais-je lui répondre ? Que je suis venue lui dire de se révolter ? Un peu trop brusque, non... m'enfin, essayons autre chose.
«Je... enfin, tu... tu ne dois pas abandonner le club de foot ! »
Il me lança un regard noir. Arrrgh, grosse boulette ! Pourquoi je suis aussi directe, moi... Etrangement, un rictus sortit de sa bouche. Il me dit d'un ton amusé :
«Hum ? Tu es venue jusqu'ici pour... ça ? Tu perds ton temps, ma pauvre...
- N...non ! Tu ne dois pas faire ça ! Ne te laisse pas faire face au cinquième secteur ! Tu dois te révolter ! Sinon... Raimon est perdue ! »
Ces mots sortirent tout seuls de ma bouche. J'espère ne pas l'avoir irrité. Il baissa la tête. Je l'ai vexé ? Non... il releva la tête, et saisit un ballon de foot, qui était posé à côté de lui. Il me regarda.
«Huhuhuhu... tu dis que je ne dois pas laisser faire ça, hein ? Tu as une raison à cela ?
- Je...
- Non, tu n'en as pas... tu fais partie de ces gens qui veulent tout faire pour aider le club, mais qui n'en sont pas capables... tu vas faire quoi ? Me faire la morale ? Tu me fais rire... »
Son regard changea. Je vis dans ses yeux qu'il était en colère contre moi. Il regarda son ballon, puis moi. Je reculai d'un pas.
«Et puis...qu'espérais-tu en venant me voir ? Que je t'obéisse, peut être... huhuhu... tu sais ce que je ressent... au moins ?! »
Il changea brusquement de ton. Son regard était plus noir que jamais. Rien que le regarder me paralysait. Je ne pouvais rien dire, ni rien faire. Il lâcha son ballon des mains. En un instant, j'eu à peine le temps de voir ce qui se déroulait. En plein vol, il frappa violemment le ballon du pied. Je ne pu esquiver. Il me heurta en pleine figure, de plein fouet. Je tombai par terre, et mes lunettes avec. C'est la première fois qu'un ballon me fit aussi mal. Même les tirs que j'arrête à mains nues au handball ne me font pas aussi mal. A t-il frappé de toutes ses forces ? Il s'approcha. Alors que j'étais encore par terre, à peine remise de mon choc, il posa le pied sur le ballon, qui était devant moi. Avec un air hautain, il me dit froidement :
«Maintenant... va t-en d'ici ! Je n'ai pas de temps à perdre avec une idiote comme toi.
- Je ne partirai pas avant de t'avoir convaincu !!
- Alors tu ne veux pas comprendre ?! Laisse-moi je te dis, tout ça ne te regarde pas !! Tu veux faire quoi, au juste ?!
- Je ne suis pas ici pour rien ! Ecoutes-moi, s'il te plaît...
- Je n'ai que faire de tes conseils ! Dégage de là !
- Tu vas... m'écouter !! »
Je me relevai d'un coup. Comme je l'ai fait plus tôt avec Tenma, je le pris par les deux épaules. Il ne voulu pas, mais je le tenais fermement.
«Shindou-san... réfléchis bien à ce que tu fais... je sais ce qui se passera... si tu ne réagis pas maintenant, tout sera trop tard ...! »
Je ne m'en suis pas rendue compte avant, mais je pleurai à chaudes larmes. C'est souvent dans mes habitudes de chialer pour un rien. Lui, il me regardait. Il baissa les yeux et ne me répondit rien. Je ravalai mes larmes, et prit un air plus grave.
«Shindou... je te lance... un défi ! »